Petit patrimoine

Table des morts - Bongheat

Originellement isolées, près de l’église, sur la place du village… les tables ou pierres des morts ont parfois été associées à des croix comme à Bongheat.
Leur présence est à mettre en relation avec un usage assez répandu dans le Massif Central où le cercueil du défunt était exposé sur une dalle en plein air, soit près de l’église, comme ici, soit dans le village où avait lieu la levée du corps. Une autre version veut que, à l’époque où les morts étaient conduits à dos d’homme à l’église, cette pierre servait à déposer le cercueil pour que les porteurs puissent se reposer avant de reprendre leur chemin vers le sanctuaire.

Les génoises

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D’origine italienne, la génoise s’impose dans la Limagne et ses bordures vraisemblablement au XVIIIème siècle.
Elle est constituée de plusieurs rangées (2, 3 voire 4) de tuiles canal superposées en encorbellement au sommet des murs. Elle forme une sorte de corniche dont le rôle est d’éloigner les eaux pluviales des murs et notamment de leur base.
La queue des tuiles est noyée dans la maçonnerie et l’intérieur de l’onde remplie, parfois partiellement, avec un mortier de chaux. D’une rangée à l’autre, les tuiles, renversées, sont disposées en quinconce.
Aux angles des murs, les génoises ne sont pas toujours traitées de la même façon : tantôt la corniche s’arrête un peu avant l’angle, tantôt elle tourne autour du bâtiment. Le retour est souvent réalisé avec des briques plates.

Les maisons vigneronnes

Largement répandue dans nos villages, elle superpose les fonctions agricoles et celles de l’habitation. Cette organisation la rattache au modèle dit maison-bloc en hauteur.
Le cuvage et la cave (parfois enterrée) occupent le rez-de-chaussée. L’habitation se trouve au-dessus, sur un ou deux niveaux selon le nombre de chambres. Un dernier étage, situé dans les combles et parfois partagé en plusieurs pièces, sert de séchoir à récoltes, de grenier à grains, de débarras…
L’accès aux différents niveaux se fait par des escaliers, extérieurs le plus souvent, entre le rez-de-chaussée et le niveau 1 et toujours intérieurs entre celui-ci et les niveaux supérieurs.
La présence d’un balcon ou estre au sommet de l’escalier extérieur est courante. Couvert par un pan de toiture, cet espace constitue un prolongement de la pièce d’habitation utilisé surtout en été.

Village de Royat - Estandeuil

La couleur rouge sang et rosée des matériaux de construction est liée à un épisode climatique tropical survenu entre 65 et 40 millions d’années. Sous ce climat, les surfaces des roches cristallines du Livradois ont été altérées, et le fer et l’aluminium, deux oxydes de teintes rouges, s’y sont concentrés. Chaque maison est construite en arkose rose et parfois en argile rouge, presque cuite, qui ont sédimentées, après transport par l’eau, dans des lacs qui occupaient le secteur de Royat, de St-Dier d’Auvergne…
Très bien entretenu, bâti autour de son couderc (pré central collectif) et encore bordé de son petit étang, Royat reste le témoin de la vie rurale ancienne du Livradois.

La halle

De nombreux chefs-lieux de communes gardent une halle. Ce bâtiment, abrité sous un toit à quatre pentes soutenu par une charpente remarquable par sa complexité, est le plus souvent ouvert aux quatre vents sur la place centrale du village. Certains de ces équipements présentent parfois une partie fermée qui abritait un local collectif. Nombre de halles se sont bâties à l’époque médiévale où elles constituent une infrastructure normale des foires et des marchés urbains et ruraux. La plupart de celles qu’il nous est encore donné de voir ont été construites au XIXème siècle. Elles témoignent de la tenue d’un marché dans des villages beaucoup plus peuplés qu’aujourd’hui, qui drainaient vers eux le monde des campagnes venu écouler le surplus de ses denrées alimentaires périssables. Dans les grandes villes, les halles ont pu être affectées à d’autres usages et avoir une spécialisation, telle que grains, cuirs, poissons…
Deux beaux exemples existent toujours sur le territoire à Mauzun et Glaine-Montaigut.

Croix

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Croix sur la place du village de Vassel

Les croix de chemins, de places ou de cimetières sont fréquentes sur notre territoire. Elles ont été sculptées en grande majorité dans l’arkose locale ou dans l’andésite et ont donc bien résisté au temps qui explique la présence d’un bel ensemble ancien de croix.
Parmi, les plus remarquables il faut noter celle de la Charme, à Glaine-Montaiguut qui date du XIVème siècle et qui a sans doute servi de modèle à d’autres croix, comme celle de Neuville. La croix de Glaine proviendrait du cimetière de l’ancien village de Saint Genés, aujourd’hui abandonné. Sa facture est soignée, son décor assez poussé et plus savant que pour une simple croix de chemin. Cette croix présente un Christ en croix entre la Vierge et St Jean. L’évangéliste Jean est également sculpté, et on peut supposer que les 4 évangélistes devaient être présents à l’origine. La croix de Neuville présente le symbole des évangélistes dans des médaillons qui constituent l’extrémité des croisillons. Au centre du revers, on devine une vierge à l’enfant. La croix semble dater du XIVème ou XVème siècle.

Fort villageois

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Fort villageois de Chas

Reignat est l’un des nombreux villages de la Limagne à posséder un quartier anciennement fortifié. Dans ces villages tels Chas et Espirat tout proche d’ici, les communautés villageoises organisèrent leur propre défense aux XIVe et XVe siècles face à l’insécurité de l’époque (guerre de Cent Ans et rivalités seigneuriales, notamment avec Espirat pour Reignat…), d’autant plus grande que le pouvoir féodal en déclin ne leur garantissait plus la protection autrefois assurée par le seigneur.
C’est ainsi que les habitants de Reignat mirent en place un système de défense original : ils accolèrent leurs maisons les unes aux autres selon un plan concentrique afin de créer une enceinte compacte. Celle-ci était fermée par une porte en ogive encore visible de nos jours. En cas de troubles, la population venait se réfugier à l’abri du fort dans de petites maisons appelées loges où étaient aussi stockés récoltes et objets précieux.
Cette mise en fortification eut des répercussions sur la vie du village. Les paysans de Reignat adoptèrent un mode de vie plus communautaire et solidaire, comme en témoigne aujourd’hui le four banal circulaire, encore en état de fonctionnement, qui jouxte l’actuelle mairie.
Au centre de l’enceinte, se trouvaient les maisons des chanoines du petit chapitre de Reignat tandis que les loges étaient adossées au rempart. L’intérieur du fort n’offrait donc qu’une seule ruelle encerclant l’ensemble des maisons canoniales. L’église constituait un élément défensif majeur. Ses épais mur furent surélevés et fortifiés : en plusieurs points, on peut y observer des restes de mâchicoulis, notamment au-dessus de la façade, et des meurtrières.
L’insécurité du Moyen Age et de la Renaissance passée, le fort perdit sa vocation défensive. Des aménagements importants lui donnèrent une spécialisation agricole, en particulier viticole.

Moulin de Graveyroux - Saint-Dier d’Auvergne

Construit en 1850 par la famille Boudal, tisserands à La Ripodie, il est le dernier des trente moulins qui furent installés sur les rives du Miodet. Depuis 1938, les meules ont fait place à des cylindres pour moudre les grains. L’actuel propriétaire, M. Chabrol, traite 4 250 quintaux qui constituent son contingent annuel depuis 1986. Durant six mois de l’année, le débit du Miodet via une turbine fournit seul l’énergie nécessaire au moulin, un moteur électrique vient en complément le reste du temps.
Les murs du moulin de Graveyroux ont vu naître l’abbé Léon Boudal qui fut, avec Victor Charreton, l’un des cofondateurs de l’école de peinture de Murol, village situé dans les Monts Dore.

Four banal

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Four du bourg - Fayet-le-Château

Sous l’Ancien régime, le four banal est un four seigneurial, dont l’usage est obligatoire et taxé comme relevant du droit de ban. Ce privilège sera aboli le 17 juillet 1793.
Four à painLongtemps après la fin de ce monopole attaché à l’utilisation en commun de certains équipements (four, moulin, pressoir…), la société rurale conserva cette pratique collective de la cuisson du pain. Pour des raisons techniques (minutie de la construction du four en particulier) et économiques (emploi d’un minimum de bois pour le chauffage), les habitants d’un village se groupèrent pour bâtir un four commun. Le four dit banal est en fait une construction appartenant à la collectivité. Le four individuel n’apparut qu’au XIXème siecle. Il est soit indépendant, mais proche de l’habitation de son propriétaire, soit intégré à cette dernière.

Le Mas d’Auteyras - Egliseneuve-près-Billom

Le lieu dit Le Mas d’Auteyras voit se maintenir une activité viticole traditionnelle grâce à une association dont les membres, souvent double-actifs, refusent de laisser gagner la friche sur les anciennes vignes. Le vignoble est exposé sur des versants sud à ouest. L’ancépagement est réalisé en Gamay, sur des sols argilo-calcaires (marnes) typiques de ce secteur de la Limagne. La dynamique association des Vignerons d’Egliseneuve-près-Billom commercialise dans toute la région sa production (rouge et rosé) sous le nom de Cuvée Saint-Ferréol, le saint patron de la paroisse. L’embouteillage est réalisé pour l’association par un prestataire extérieur, déplaçant une chaîne sur un camion.

Les fontaines

Chaque quartier de Billom est dotée d’une fontaine à l’architecture plus ou moins monumentale. Plusieurs de ses points d’eau sont remarquables et ont été réalisés par des sculpteurs Clermontois à partir de plan d’architecte. Les noms de Béraud et Taché sont souvent cités. La fontaine de la Halle est sous doute la plus impressionnante, elle date de 1856 et est l’oeuvre de Taché. Son bassin circulaire reçoit l’eau distribuée par trois vasques superposées. La plus modeste et la plus ancienne, est la fontaine de la rue de la Gravière, adossée à une maison et datée de 1619.